En ce mois de ramadan, le prix du kilogramme de viande de bœuf vendu entre 3 500 et 4 500 F CFA connaît une hausse vertigineuse.
Dr. Vétérinaire Djakalia Ouattara, directeur national de la production et des industries animales (Dnpia) impute cette crise à des attaques ciblées contre les éleveurs entrainant la fermeture de 10 marchés à bétail sur 15. Mais il promet que des dispositions pratiques sont prises pour le retour rapide au calme.
Le mois de ramadan est connu pour être une période de grande consommation dans notre pays, la viande est des plus prisées. Dans cette tension sur la viande, des disparités des prix sont constatées dans les différents marchés de Bamako. Même s’il n’y a pas encore de pénurie, les amateurs de viande déjà confrontés aux différentes augmentations de prix sur les produits de grande consommation ne savent plus où donner de la tête. Le kilo de la viande avec os a grimpé de 3 300 à 3 500 F CFA et sans os de 4 000 à 4 500 F CFA. Tan disque que le kg de viande de mouton a grimpé de 4 000 F CFA à 5 000 F CFA.
A entendre ces différents prix exorbitants, le directeur de la Dnpia accuse de spéculation certains revendeurs installés anarchiquement ou qui s’adonnent à des abattages clandestins. A ses dires, la structure des prix qu’il reçoit chaque lundi des différents marchés de Bamako ne reflète pas la réalité. Le prix officiel selon lui, est de 3 600 F CFA le kg de la viande avec os aux marchés Dibida et Lafiabougou ; 3 500 F CFA à Yirimadio et Djelibougou. Le prix de la viande sans os est de 4 000 F CFA dans ces marchés précités.
Dr. Vétérinaire Djakalia Ouattara promet de lutter très prochainement contre le phénomène des abattages clandestins et la spéculation sur les prix, grâce aux importants moyens roulant (7 camions frigorifiques, 2 bétaillères et autant de pick-up) offerts au ministère de l’Elevage et de la Pêche par le projet Pacem du ministère de l’Economie et des Finances. « Les textes en la matière sont suffisamment clairs. On ne peut pas s’installer n’importe comment et n’importe où pour vendre de la viande. Nous avons commencé à sensibiliser depuis plus de deux semaines. Ce processus va durer deux mois au bout desquels, nous allons désormais sévir contre les récalcitrants », menace Dr. Ouattara.
Aux dires du responsable de la Dnpia, cette hausse subite et vertigineuse des prix est aussi due à la diminution drastique des marchés de collecte de bétail, suite aux attaques ciblées des terroristes contre les éleveurs. «Des éleveurs de retour de marché sont victimes d’attaques de la part des terroristes. Certains sont tués et dépouillés de tout leur argent de vente de bétail », déplore le directeur Ouattara.
10 marchés de bétail sur 15 fermés
A cause de ces attaques ciblées, 10 marchés à bétail sur 15 sont fermés à ce jour sur l’ensemble du pays. Il s’agit notamment de Fatoma, Konan, Mopti-Gangal ; Niono ; Macina ; une partie du marché à bétail de Ségou ; Nara ; Sassoudébé ; Troungoumbé ; Diéma. Seuls sont fonctionnels à ce jour Kati Dral ; Barouéli ; Bla ; Ségou et Niéna dans la région de Sikasso. Ces 5 marchés sont très insuffisants pour couvrir Bamako et l’extérieur du pays (Guinée, Sénégal, Côté d’Ivoire) où l’offre de prix est très alléchante. « Quand c’est arrivé à ce niveau, nous avons demandé l’aide de l’Etat. C’est pourquoi d’ailleurs le kilo de viande est encore vendu au prix de 3 600 à 4 000 F CFA dans les boucheries. Sinon ce serait pire », alerte le Dg de la Dnpia.
Selon Dr. Ouattara, l’Etat a mis en place deux stratégies. La première porte sur la mise à disposition d’un fonds appelé Fonds ministère de l’Elevage embauche (MEE), logé à la BNDA. Il est accordé aux emboucheurs à un taux très réduit. Ce fonds est piloté par un comité de sélection qui siège à la Dnpia par où les dossiers de financement transitent.
La deuxième stratégie est une initiative du président de la Transition Assimi Goïta, qui a réservé 10 % de la production de graines de coton uniquement aux emboucheurs, aux laitiers et aux cotonculteurs (pour leurs bœufs de labour). Les bénéficiaires de cette quantité de tourteaux signent un engagement écrit auprès des gouverneurs. Lequel engagement précise que les bœufs embouchés ne seront pas vendus à l’extérieur, mais uniquement aux boucheries de Bamako. C’est suite à cela qu’il est procédé à la distribution des quantité de tourteau aux bénéficiaires. « Ce sont ces deux stratégies qui nous ont permis de combler le déficit criarde de bétail afin de faire d’approvisionner les marchés de Bamako et de maitriser les prix », indique-t-il.
Dr. Vétérinaire Djakalia Ouattrara garde tout de même l’espoir que la situation de crise sera bientôt gérée. « L’Etat s’est engagé de sécuriser les marchés à bétail. Nous sommes en train de sensibiliser les éleveurs à regagner leurs places. Une sensibilisation que nous avons commencé bien avant le mois de ramadan et qui va continuer », affirme-t-il.
Abdrahamane Dicko
Source : Mali Tribune
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