Le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, M. Alousseni Sanou, a présidé, le jeudi 26 février, la conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2027. C’était dans les locaux de l’Hôtel Granada (ex-Amitié de Bamako).
Le lancement des travaux a enregistré la présence de plusieurs personnalités dont M. Ahmadou Tijane Haidara, Directeur général du Budget, les Coordinateurs du Groupe de Dialogue Économie, Finances, Développement du Secteur Privé et de la Statistique (UNFPA/BAD); les Ambassadeurs et Chefs de Mission de Coopération Bilatérale et Multilatérale… Ainsi, les thèmes retenus pour les travaux de cette année sont :  les projets structurants des investissements stratégiques pour assurer un développement durable et inclusif au Mali à l’aune de la Vision Mali-2063 ; et le contrôle d’effectivité de la prestation objet des dépenses publiques. Ladite conférence a permis aux participants de se pencher sur les orientations de la politique budgétaire de 2026 et le cadrage budgétaire 2027 ; le projet de calendrier de la préparation du budget 2027 ; les réformes en cours en lien avec la digitalisation des moyens de paiement publics, notamment le TRESORPAY. Il s’agissait aussi   de tirer les enseignements de l’exécution budgétaire précédente, d’analyser les défis auxquels l’économie est confrontée et, surtout, de définir ensemble les priorités stratégiques qui guideront l’action publique pour l’année à venir. Dans sa prise de parole, le ministre a rappelé que malgré les effets négatifs des crises multiples et des tensions géopolitiques qui secouent le monde et perturbent les circuits économiques et commerciaux, le contexte macroéconomique national qui prévaut à l’élaboration du budget 2027 demeure globalement rassurant. Il se distingue notamment par une amélioration notable de la situation sécuritaire et socio-politique. Selon lui, cette évolution positive s’appuie sur la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMa). Celles-ci assurent avec efficacité leur mission régalienne de protection des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national, tout en poursuivant les opérations de neutralisation des poches résiduelles d’insécurité. «Le taux de croissance du PIB réel, estimée à 5,6% en 2025, devrait s’accélérer pour atteindre 6,3% et 6,5% respectivement en 2026 et 2027 », a-t-il déclaré en ajoutant, «l’inflation qui demeure maitrisée devrait se situer en dessous de la norme communautaire de 3% grâce à une politique monétaire prudente de la Banque Centrale, aux efforts conjugués du gouvernement et des acteurs du monde économique, et à une bonne campagne agricole ». Pour ce qui concerne les premières estimations de l’exécution budgétaire 2025, la mobilisation des recettes fiscales ressort très satisfaisante, avec un taux de pression fiscale qui se situe à 14,2% du PIB contre une prévision de 13,4%. Quant à l’exécution des dépenses, elle a été contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 20,9% du PIB contre une prévision de 22%. Selon M. Sanou, le niveau du déficit budgétaire est ressorti à 1,5% du PIB nettement meilleur que la prévision de 2,7%. Ces résultats ont été obtenus grâce aux efforts du Gouvernement dans le cadre de l’assainissement des finances publiques.
S’agissant des échanges avec le reste du monde, il a estimé que la balance des paiements devrait enregistrer un solde global excédentaire de 49,9 milliards FCFA en 2025, même s’il demeure en deçà de la performance réalisée en 2024, où l’excédent a atteint environ 331 milliards FCFA.
Le gouvernement en passe de maintenir les efforts pour l’année budgétaire de 2026
En ce qui concerne l’année budgétaire 2026 qui a démarré sous de bons auspices, le gouvernement maintiendra les efforts pour l’amélioration de l’exécution du budget à travers le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses de l’administration. Ces assurances ont été données par le ministre d’État. Aussi, il a maintenu que les travaux du processus budgétaire 2027 s’ouvrent dans un contexte marqué, notamment, par la poursuite de la mise en œuvre de la vision « Mali kura nɛtaasira ka ben san 2063 ma » ainsi que de sa déclinaison opérationnelle, la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. À l’assistance, le premier responsable dira que la vision Mali kura petaasira ka ben san 2063 ma constitue une initiative ambitieuse et inclusive visant à transformer le Mali en un pays émergent à l’horizon 2033, tout en posant les bases d’un développement durable et souverain à long terme. Sa mise en œuvre est structurée en quatre phases décennales successives, dont la première correspond à la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. Cette Stratégie nationale vise à consolider les fondements de la stabilité macroéconomique et à inscrire l’économie nationale sur une trajectoire de croissance forte, inclusive et durable estimée en moyenne à 10% par an. « Dans un contexte marqué par l’augmentation régulière de la croissance du PIB réel, les perspectives macroéconomiques appellent au maintien d’une politique budgétaire à la fois ambitieuse et prudente. Dans cette optique, la politique budgétaire vise un déficit prévisionnel de 2,7% du PIB en 2027, en cohérence avec la norme communautaire de l’UEMOA », a-t-on appris de son discours d’ouverture. Dans lequel le ministre demeure persuadé que cette orientation sera poursuivie sans compromettre les acquis en matière de défense et de sécurité ni les efforts d’amélioration des infrastructures socioéconomiques de base, indispensables à l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
Mamadou Diarra
Source : Le Pays
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