Le débat enfle sur les réseaux sociaux et dans les milieux économiques : comment Wave peut-il fonctionner avec une commission limitée à 1 % ? Travaille-t-il réellement en perte ? Cette interrogation mérite une analyse sérieuse, loin des passions et des approximations.
Sur Bamada.net, nous avons choisi d’examiner les faits sous l’angle économique et stratégique.
Une stratégie mondiale : la pénétration agressive du marché
Bamada.net-Dans l’économie moderne, notamment dans le secteur des fintechs, il existe une stratégie bien connue : la pénétration rapide du marché.
Elle consiste à :
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Appliquer des tarifs très compétitifs
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Réduire les marges au démarrage
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Accélérer l’acquisition massive d’utilisateurs
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S’imposer face aux acteurs historiques
Ce modèle n’est pas nouveau. De nombreuses entreprises technologiques internationales l’ont utilisé pour conquérir des marchés dominés par des structures plus anciennes et plus coûteuses.
Dans ce cadre, parler de “perte” peut être trompeur. Il s’agit plutôt d’un investissement stratégique à moyen et long terme, financé par des capitaux importants.
Le modèle économique : faible marge, grand volume
Un taux de 1 % semble faible pris isolément. Mais en économie, la rentabilité ne dépend pas uniquement du pourcentage, elle dépend aussi du volume.
Si des millions de transactions sont réalisées chaque mois, et que les montants cumulés atteignent des milliards de francs CFA, alors même une commission réduite peut générer des revenus significatifs.
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C’est le principe de l’économie d’échelle :
Plus le nombre d’utilisateurs augmente, plus le coût unitaire diminue et plus le modèle devient viable.
Wave mise clairement sur cette logique : démocratiser l’accès aux services financiers pour élargir sa base.
Une structure de coûts différente des opérateurs traditionnels
Contrairement aux opérateurs télécoms classiques qui :
Wave fonctionne sur un modèle centré exclusivement sur le mobile money.
Cette spécialisation réduit considérablement certaines dépenses structurelles. Le modèle est plus léger, plus digitalisé, et optimisé pour la transaction financière.
Une vision à long terme : l’écosystème financier
Le transfert d’argent n’est qu’une porte d’entrée.
Les fintechs modernes développent progressivement un écosystème plus large comprenant :
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Paiement marchand
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Intégration avec des commerçants
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Services financiers numériques
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Solutions d’épargne et de microfinance
Le 1 % peut donc être considéré comme un levier d’attraction pour bâtir un système financier plus vaste.
La réalité du terrain malien
Au Mali, les faits sont visibles :
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Les points de service se multiplient
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Les commerçants adoptent massivement la solution
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Les utilisateurs augmentent quotidiennement
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La marque est désormais présente dans presque toutes les grandes zones urbaines
Une entreprise réellement en difficulté ne pourrait pas soutenir un tel rythme d’expansion.
Concurrence, innovation et transformation du marché
Toute innovation majeure bouscule les équilibres établis. Lorsqu’un acteur réduit fortement les coûts pour les consommateurs, cela crée naturellement des tensions dans un secteur historiquement dominé par des tarifs plus élevés.
Mais dans une économie de marché, la concurrence est un moteur d’amélioration.
Si un acteur parvient à offrir un service moins cher tout en restant opérationnel, cela pousse l’ensemble du secteur à évoluer.
Perte ou stratégie maîtrisée ?
Réduire le débat à “Wave travaille en perte” simplifie une réalité économique plus complexe.
Il s’agit plutôt :
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D’une stratégie de croissance agressive
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D’un investissement à long terme
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D’un modèle basé sur le volume
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D’une optimisation des coûts
Aujourd’hui, le marché malien du mobile money est en pleine transformation. Les consommateurs, eux, semblent avoir déjà fait leur choix en adoptant massivement les solutions les plus accessibles.
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