11:25 pm - 4 mars, 2026

Le président du syndicat des bouchers de la rive droite, crie à la mort lente de leur profession avec l’absence de viande dans les boucheries, à cause la cherté du bétail. Modibo Diarra pointe du doigt l’exportation abusive des bœufs et la fermeture de quelques marchés à bétail comme étant les raisons essentiels de cette crise de viande.

« Nous avons tenu une réunion d’urgence le jeudi 26 février dernier avec le président de l’interprofession de la filière bétail-viande. Nous avons écrit au ministre de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba pour alerte. La hausse des prix de la viande pourrait dépasser toutes les limites si les dispositions particulières ne sont pas prises urgemment.

La fermeture des marchés à bétail est l’une des causes de cette flambée des prix. Mais la raison cruciale est l’exportation du bétail en direction des pays voisins comme la Guinée, le Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Il y a une concurrence déloyale entre nous et les bouchers de ces pays-là qui viennent s’approvisionner sur notre marché. Un boucher malien qui propose 500 000 F CFA pour un bœuf, le voisin guinéen, sénégalais ou ivoirien monte les enchères à 600 0000 F CFA et gagne le marché. Or même à 500 000 F CFA, le boucher malien ne  s’en sort pas en vendant le kilogramme à 3 300 F CFA.

Ce jeudi, j’ai égorgé et mis à la vente un bœuf acheté à 580 000 F CFA. Après pesage, nous avons obtenu 150kg de viande. Nous vendons au prix d’en gros de 3 300 ou 3 400 F CFA au maximum. Même à 3 400 F CFA, ma perte s’élève à plus 70 000 F CFA. Cette perte n’inclut pas les autres frais d’approche comme le transport ou les taxes d’abattage. Avec tous ces frais le prix de revient de ce bœuf est finalement de 590 000 F CFA.

J’en appelle aux autorités d’interdire l’exportation du bétail, à défaut de fixer un seuil d’exportation des animaux. Les boucheries se vident de plus en plus, les bouchers sont en chômage technique faute de viande. Par ailleurs, les abattages clandestins deviennent des fléaux. Ce sont des gens qui ne payent aucune taxe et nous concurrencent. Le ministre de l’Elevage a pris des dispositions pour mettre des véhicules en mouvement dans la ville de Bamako et la périphérie afin de réprimer les abattages clandestins.

Il faut aussi sécuriser les marchés à bétail. A cet effet, notre interprofession a rencontré le ministre de la Défense et des Anciens combattants Sadio Camara afin de prendre les dispositions sécuritaires appropriées. Quand tu achètes un bœuf au marché à bétail de Nampala, il faut faire le détour par le territoire mauritanien pour rejoindre le Mali. C’est difficile ».

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

Source : Mali Tribune



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