Une semaine après l’incendie qui a ravagé le marché de Médina-Coura, dit Sougouni-Kura, l’heure n’est plus seulement au constat des dégâts. La question centrale est désormais celle de la reconstruction. Mais comment rebâtir sans reproduire les failles structurelles qui ont favorisé le drame ?
Des dizaines de boutiques ont été détruites. Des stocks entiers sont partis en fumée. Pour de nombreux commerçants, c’est une perte sèche qui menace directement leur survie économique.
Sur un point, les sinistrés sont unanimes : l’accessibilité du marché a considérablement compliqué l’intervention des secours.
Malgré leur arrivée rapide, les sapeurs-pompiers ont été confrontés à l’enchevêtrement des constructions et à l’absence de voies internes adaptées. Les camions n’ont pas pu atteindre certaines zones encombrées à temps.
Ce problème n’est pas inédit. Un précédent incendie, survenu sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, avait déjà révélé les mêmes vulnérabilités. À l’époque, aucune restructuration en profondeur n’avait été engagée. Aujourd’hui, les commerçants refusent un simple replâtrage.
Selon plusieurs sources concordantes, des discussions seraient envisagées entre autorités administratives et responsables du marché. Une visite de terrain aurait déjà eu lieu, au cours de laquelle des marques de lotissement auraient été apposées sur certains bâtiments, laissant supposer l’ouverture future de voies d’accès. Mais aucun plan officiel n’a encore été rendu public.
Les commerçants exigent, en préalable, un recensement exhaustif des sinistrés.
« Nous voulons être identifiés avant toute attribution d’emplacements », insiste l’un d’eux. L’enjeu est clair : éviter toute exclusion lors de la redistribution.
Autre préoccupation majeure : la durée des travaux. Plusieurs commerçants redoutent un déguerpissement total qui les priverait de revenus pendant une période indéterminée.
Certains proposent une reconstruction progressive par zones, avec réinstallation par rotation, afin de maintenir une activité minimale.
« Si le chantier s’éternise, beaucoup d’entre nous ne tiendront pas », avertit un détaillant, sous anonymat.
Pour l’heure, l’attente domine. Entre nécessité de modernisation et urgence économique, Sougouni-Kura se trouve à un tournant décisif.
Koureichy Cissé
Lire l’article original ici.

