La Truth and Reconciliation Commission a été instituée en 1996, dans le contexte de la transition démocratique consécutive à la fin du régime d’apartheid. Elle était chargée d’enquêter sur les violations graves des droits humains commises entre 1960 et 1994, d’entendre les victimes et d’examiner les demandes d’amnistie introduites par certains auteurs, sous condition de divulgation complète des faits.
Au terme de ses travaux, la commission a produit un rapport détaillé en plusieurs volumes. Celui-ci établissait les responsabilités institutionnelles, documentait les exactions commises tant par les forces de l’État que par les mouvements de libération, et formulait des recommandations en matière de réparations et de réformes. Sa publication en 1998 a constitué un moment décisif du processus de transition.
Reconnaissance
Pour la première fois, les conclusions d’une instance officielle rendaient public un récit documenté des violences de l’ère apartheid. Les audiences, largement retransmises à la radio et à la télévision, avaient déjà exposé les témoignages de milliers de victimes. La publication du rapport a donné une portée durable à cette reconnaissance en intégrant ces récits dans un document de référence accessible à l’ensemble de la nation.
Sur le plan institutionnel, le rapport a servi de base à l’élaboration de politiques publiques relatives aux réparations individuelles et à la réhabilitation des victimes. Il a également alimenté les débats sur la réforme des institutions de sécurité et sur la consolidation de l’État de droit. Si la mise en œuvre de certaines recommandations a été progressive et parfois partielle, le document publié a fourni un cadre formel pour orienter l’action des autorités.
La publication du rapport a en outre offert à la société civile, aux chercheurs et aux médias une base officielle pour assurer le suivi des engagements pris et structurer le débat public autour des notions de responsabilité et de mémoire.
Près de trois décennies plus tard, l’expérience sud-africaine demeure une référence en matière de justice transitionnelle. Si le rapport n’a pas effacé les inégalités héritées de l’apartheid, il a matérialisé le passage entre l’établissement des faits et l’ouverture d’une phase de mise en œuvre fondée sur un document officiellement rendu public.
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