Le 12 février 2026, le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition de la République du Mali, a procédé par décret N°2026-062/PTRM à un remaniement ministériel partiel du gouvernement dirigé par le Général de division Abdoulaye Maïga. Trois ministres du régime transitionnel ont été élevés au rang de ministres d’État, sans qu’ils changent de portefeuille. Ce sont : le Général de corps d’armée Sadio Camara (Défense et Anciens Combattants), le Général de corps d’armée Ismaël Wagué (Réconciliation, Paix et Cohésion nationale) et M. Alousséni Sanou (Économie et Finances). Ces figures clés de la Gouvernance transitionnelle montent désormais en grade dans l’ordre protocolaire du Gouvernement « Blo » II. Alors qu’au même moment, le titulaire de la Primature perd le contrôle de l’Administration Territoriale au profit d’un Général. Cette décision du Chef de l’Etat peut-elle être considérée comme un affaiblissement délibéré du pouvoir du Gal Abdoulaye Maïga ?
Au regard de l’architecture gouvernementale, l’on est tenté de répondre par l’affirmative. D’autant que les nouveaux promus, depuis l’accession du Gal Assimi au pouvoir, sont perçus par de nombreux observateurs politiques comme des piliers du pouvoir. Le Général Sadio Camara, homme influent du régime, incarnerait la priorité absolue accordée à la refondation sécuritaire. Sa promotion récompenserait sa loyauté indéfectible. Le Général Ismaël Wagué, cet artisan du processus de réconciliation nationale au sein du Gouvernement, demeure un homme clé du régime. Alousséni Sanou, ce civil de l’atelage gouvernemental devient un acteur quasi incontournable du régime. Mais plusieurs sources considèrent que la promotion de ces trois ministres illustre une logique de consolidation du régime autour de ses hommes de confiance. Mais que pensez du retrait du portefeuille du ministère de l’Administration Territoriale au PM ?
Ce détachement est perçu par certains observateurs comme un allègement des charges du locataire de la Primature. Ce qui lui permettrait de se « recentrer sur une meilleure coordination interministérielle, pour mieux suivre les grands chantiers de la transition. Tels que les réformes constitutionnelles, la préparation des élections. Toutefois, certains milieux septiques estiment que la nouvelle monture n’est ni plus ni moins qu’un affaiblissement de son influence au sein de l’équipe gouvernementale, notamment avec la nomination de trois ministres d’Etat. Dont leurs activités vont certainement échapper au contrôle du PM. D’ailleurs le profil du Général Coulibaly, le nouveau titulaire du Département de l’Administration territoriale, issu des Forces Spéciales (donc proche du Gal Assimi) et diplômé en Droit Administratif, n’en dit-il pas long ? De toute façon, ce rééquilibrage au sein de la nouvelle équipe gouvernementale illustre bien un verrouillage du pouvoir central entre les mains de ses principaux ténors. Mais aussi la fin de la toute-puissance du PM.
Bata Kamissoko
Source : Le Pélican
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