L’information est tombée, discrète mais électrique: les autorités algériennes n’ont ni accepté, ni facilité une rencontre entre l’Imam Mahmoud Dicko, figure de l’opposition malienne en exil, et le Président Abdourahmane Tiani. Selon nos sources, Alger a compris qu’une telle mise en scène nuirait gravement à ses propres «intérêts stratégiques».
C’est une victoire diplomatique majeure pour Bamako, obtenue par la main de Niamey. En verrouillant l’accès à l’opposant malien, l’Algérie envoie un signal clair: elle n’est plus disposée à servir de sanctuaire aux voix qui contestent le pouvoir de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le message de Tiani a été reçu avant même d’être prononcé : on ne peut prétendre être un «frère» tout en hébergeant ceux qui cherchent à ébranler la maison d’à côté.
La vérité historique comme bouclier
Le génie du discours de Tiani réside dans son audace morale. En rappelant au président Abdelmadjid Tebboune que l’Algérie a saigné pendant plus d’un siècle sous le joug colonial, il a posé un ultimatum éthique. Le Général d’Armée Abdourahmane Tiani a placé Alger face à son miroir: comment un pays qui a payé le prix du sang pour sa liberté pourrait-il, par action ou par omission, devenir la base arrière d’une déstabilisation orchestrée par l’ancien colonisateur ? En invoquant la souffrance commune, Tiani a transformé l’Algérie, de médiateur distant en partenaire de «tranchée».
L’Inter de Bamako
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