Dans une évolution diplomatique notable, les autorités américaines ont procédé à une mise à jour officielle de la liste des personnes sanctionnées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), organe relevant du Département du Trésor des États-Unis. Parmi les personnalités radiées figurent trois hauts responsables militaires maliens : Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens Combattants ; Alou Boi Diarra ; ainsi que Adama Bagayoko.
Bamada.net-Cette décision marque un tournant significatif dans le dossier des sanctions imposées dans le contexte des relations entre le Mali et ses partenaires internationaux. Pour de nombreux observateurs, elle constitue également une reconnaissance implicite de la légitimité des choix stratégiques opérés par les autorités maliennes dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe.
Rappel des faits : des sanctions dans un contexte géopolitique tendu
En 2023, les États-Unis avaient imposé des sanctions à plusieurs responsables maliens, les accusant d’avoir facilité le déploiement et l’expansion des activités du groupe paramilitaire russe Wagner au Mali.
Le Département du Trésor américain avait alors affirmé que le ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, aurait effectué plusieurs déplacements en Russie en 2021 afin de consolider un accord de coopération militaire.
Dans la même dynamique, le chef d’état-major de l’armée de l’air malienne, le Général Alou Boi Diarra, ainsi que son adjoint, le Général Adama Bagayoko, avaient également été visés par ces mesures restrictives.
À l’époque, Washington soutenait que ces responsables auraient contribué à des activités jugées déstabilisatrices dans la région.
La position constante des autorités maliennes
Face à ces accusations, les autorités de transition du Mali avaient maintenu une ligne claire et constante :
le Mali est un État souverain, libre de choisir ses partenaires stratégiques dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Bamako avait toujours soutenu que les coopérants russes présents sur le territoire malien n’étaient pas des mercenaires, mais des instructeurs et formateurs militaires intervenant à la demande officielle de l’État malien pour renforcer les capacités opérationnelles des Forces Armées Maliennes (FAMa).
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Dans un pays confronté depuis plus d’une décennie à une insurrection terroriste meurtrière, les autorités ont constamment affirmé que la priorité absolue demeure la sécurisation du territoire et la protection des populations.
Conséquences juridiques immédiates de la radiation
Le retrait des trois officiers maliens de la liste dite des « Specially Designated Nationals » (SDN) entraîne des effets juridiques immédiats :
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Les restrictions liées à leur inscription ne s’appliquent plus.
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Les limitations en matière de transactions relevant de la juridiction américaine cessent d’être effectives.
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Les mesures de gel d’avoirs éventuels sous contrôle américain sont levées.
Aucune explication détaillée n’a été fournie par les autorités américaines sur les éléments ayant conduit à cette décision. Toutefois, cette radiation constitue un signal politique fort.
Une reconnaissance indirecte du professionnalisme des FAMa ?
Pour de nombreux analystes, cette décision traduit une évolution dans la perception internationale du rôle joué par les Forces Armées Maliennes.
Sous l’impulsion du Général Sadio Camara, l’armée malienne a engagé un vaste processus de modernisation :
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Acquisition d’équipements adaptés aux réalités du terrain sahélien
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Montée en puissance de l’armée de l’air
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Renforcement du maillage sécuritaire sur l’ensemble du territoire
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Reprise progressive de plusieurs zones auparavant sous influence terroriste
Les résultats opérationnels observés ces derniers mois témoignent d’une armée plus structurée, plus autonome et plus engagée dans la défense de l’intégrité territoriale.
Un contexte international en mutation
Le retrait de ces sanctions intervient dans un environnement géopolitique marqué par :
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Une recomposition des alliances au Sahel
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L’affirmation croissante de la souveraineté des États africains
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Une redéfinition des partenariats sécuritaires
Le Mali, membre actif de la Confédération des États du Sahel (AES), poursuit une stratégie axée sur l’autonomie décisionnelle et la diversification de ses coopérations internationales.
Défendre la souveraineté nationale
À Bamada.net, nous rappelons que la lutte contre le terrorisme est une question existentielle pour le Mali. Les décisions prises par les autorités maliennes s’inscrivent dans un contexte d’urgence sécuritaire où la survie même de l’État était menacée.
Le retrait des sanctions visant le Général Sadio Camara, le Général Alou Boi Diarra et le Général Adama Bagayoko constitue :
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Une clarification importante
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Une forme de rééquilibrage diplomatique
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Un signal d’apaisement dans les relations internationales
Au-delà des débats géopolitiques, une réalité demeure : les Forces Armées Maliennes continuent de se battre quotidiennement pour la stabilité du pays.
La radiation des trois hauts responsables militaires maliens de la liste des sanctions américaines marque une étape significative dans l’évolution des relations entre Bamako et Washington.
Elle conforte la position des autorités maliennes qui ont toujours défendu la légalité et la légitimité de leurs choix stratégiques dans le cadre de la défense nationale.
Plus que jamais, le Mali affirme sa souveraineté, son droit à la sécurité et son engagement à protéger ses citoyens.
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