Rien ne soigne mieux une désillusion que le temps, et comme pour les Français avec 2006, 2016 ou 2022, les Marocains en auront besoin pour adoucir la déception de la finale de CAN perdue face au Sénégal, à domicile (1-0). Deux mois sont presque passés depuis cette rencontre rocambolesque, marquée au fer rouge par la panenka ratée de Brahim Diaz à quelques minutes du coup de sifflet final.
Amoindri et resté sur le banc pour la rencontre, Romain Saïss n’en demeure pas moins touché, comme les millions de Marocains devant leur télé ce jour-là. L’ancien capitaine des Lions de l’Atlas est revenu en longueur sur cet épisode dans un entretien accordé à Colinterview, et il a utilisé des mots forts pour décrire le chagrin qu’il ressentait jusqu’à aujourd’hui. Comme pour évoquer la panenka de Brahim Diaz.
«Depuis ce moment-là, je me sens vide»
«Quand il a fait la panenka, je me suis retourné directement, je me suis pris la tête à deux mains, j’ai dit : “il n’a pas osé faire ça quand même”. Tu peux rater un penalty, tu vois, en Coupe d’Afrique, en finale, à la fin d’un match, ça nous est arrivé. Achraf, il a raté un penalty à un moment crucial. On est passé à autre chose, rappelle celui qui a annoncé mettre un terme à sa carrière internationale le mois dernier. Il a tiré, il a essayé, bref. Hakim Ziyech, pareil. Ça fait partie du foot. Mais là, quand il a fait la panenka, j’ai dit : « Mais non, tu ne peux pas faire ça maintenant.» Profondément touché depuis ce jour-là, Saïss se demande si son coéquipier avait tout simplement conscience de tous les enjeux autour de cette rencontre.
«C’est la dernière seconde, ça fait 50 ans que tu n’as pas gagné de Coupe d’Afrique (1976), plus de 20 ans que tu n’avais pas fait de finale (2004, ndlr), t’es à la maison… Ça y est, je me suis dit “il va mettre une praline en plein milieu, merci au revoir”. Depuis ce moment-là, et jusqu’à aujourd’hui, je me sens vide. S’il a fait exprès (de rater) ? Il ne peut pas faire exprès à ce niveau-là, il faut arrêter de dire des conneries. Il aurait pu être le héros, mais il a voulu être le super-héros, ça m’emmerde pour lui parce que ça ternit un peu sa CAN. Moi, ce que je lui souhaite – je pense au bien de la sélection – c’est que ça lui serve pour la suite.» On en saura davantage ce mois-ci, puisque le futur sélectionneur Mohamed Ouahbi devrait annoncer sa première liste à la tête des Lions de l’Atlas. Probablement avec Brahim Diaz.
Source : footmercato
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